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Articles Tagués ‘transmédia’

Power to the Pixel

13 octobre 2010 6 commentaires

Power to the Pixel, le forum Transmédia a lieu en ce moment à Londres. Hier, ce sont succédés à la tribune les figures les plus connues du (encore) petit monde du Transmédia.

Pour un kick-off tonique et réussi, penser à inviter Michel Reilhac, le directeur d’Arte Cinéma, Transmédia activist qui nous explique que pourquoi ce n’est pas juste un mot à la mode. C’est la réponse à un changement de société, voire de civilisation qu’il appelle la gamification de la vie, c’est à dire l’application à tous les aspects de la vie quotidienne de principes et mécaniques de jeu, de gaming. La Gamification de la vie n’est pas un processus nouveau, il a commencé il y a bien longtemps avec les cash incentives ou les programmes de fidélisation mis en place par de nombreuses marques. Si le phénomène n’est pas nouveau, il prend aujourd’hui une dimension sans précédent avec la généralisation des réseaux sociaux et l’arrivée à l’âge adulte de la génération Digital Native. Cette génération a aujourd’hui passé autant de temps à l’école qu’à jouer soit 10 000 heures, soit le temps nécessaire pour devenir un expert dans un domaine. La culture du jeu n’est plus une sub-culture et va petit à petit investir l’ensemble des aspects de la vie, y compris les programmes TV. Et pour cause, le jeu a bien des avantages sur la réalité…

Mike Monello est l’un des créateurs de Blair Witch et parle d’Experience Design. Il donne 5 conseils pour rendre l’univers d’une histoire le plus accessible et efficace possible pour les spectateurs. Voilà

Vous ne connaissez pas Jean Paul Edwards, mais lui vous connaît. Il observe les comportements des individus en ligne et vous donne des données qui montrent que le monde change. Quelques exemples
➢ Il y a aujourd’hui 5 milliards de téléphones sur terre. Il y a 12 ans, la moitié de la population mondiale n’avait jamais passé un coup de téléphone.
➢ Les jeunes dépensent aujourd’hui plus d’argent pour envoyer des SMS que pour acheter de la musique. Ils en envoient en moyenne 50 par jour. 10% d’entre eux pensent que l’on peut faire l’amour ET envoyer des SMS en même temps.
➢ L’utilisateur moyen de Facebook a 130 friends. Tous les mois, il reçoit 8 friend requests, clique sur 9 boutons Like, écrit 25 commentaires, devient fan de 2 pages, est invité à 3 événements et rejoint 12 groupes.
Jean Paul Edwards nous apprend aussi des nouveaux mots. La peur de perdre son téléphone portable s’appelle la Nomophobie et 53% des utilisateurs de portables en souffrent à des degrés divers. Ichige est un mot japonais et c’est ainsi que l’on appelle les jeux reposant sur des interfaces géolocalisées.

Wendy Bernfeld est une femme qui vous veut du bien. Comme son bien connu double littéraire, elle vit dans un pays imaginaire. Celui où la monétisation des contenus sur le web est possible. Pour le rendre possible, elle donne quelques conseils. Tout est dans le contrat. Ne jamais jamais lâcher les droits internet dans un seul package. Tout bien distinguer, surtout rester non exclusif. La VOD était une entité, c’est maintenant une constellations de droits différents à distinguer. Là où il y avait auparavant un seul deal, il peut maintenant en avoir 20 ou 30 différents. Et les services de VOD ne manquent pas, il y en 700 aujourd’hui en Europe…

Maureen McHugh est écrivain. On l’imaginerait volontiers écrire des murder stories dans une vieux manoir écossais fumant la pipe au coin du feu et caressant son Cheshire Cat d’une main distraite. Mais Maureen croit au Transmédia qui pour elle n’est pas la mort de l’auteur mais peut être la fin des scénaristes à l’ancienne.

Power to the Cupcake. A la pause, Audio Network, une librairie musicale en ligne a compris qu’il était plus facile de charmer des clients en leur offrant des cupcakes qu’en rentrant dans les détails d’une offre commerciale. Fonctionne aussi avec des cornes de gazelles.

La salle retient son souffle, les mouches n’osent plus voler. Lance Weiler va parler. Lance Weiler, le Gourou, le Moghul, le Pape, le Pandit, la Pythie du transmedia va parler. En homme d’église, il est là pour parler de la Bible Transmédia, document dont il possède la Vérité. Lance nous abreuve de ses graphiques ésotériques à tout non initié qui montrent la complexité passionnante d’un univers Transmédia.

Suivront une série de case studies. A savoir une pause publicitaire à la gloire de Paramount Digital A cet instant, le degré d’attention de l’assistance frôle le zéro absolu prouvant que la publicité intrusive n’est vraiment pas le bon business model. Côté documentaire, Joël Ronez prendra son plus bel accent français pour parler de Prison Valley. Rob McLaughlin de l’ONF présente le superbe projet Waterlife à voir à tout prix !

Twit-Twit : @ronez et @abrachet parlent #webdoc et #transmedia… et ils ne sont plus seuls…

22 février 2010 1 commentaire

L’actualité transmédia bat son plein ces derniers jours… Pas un jour sans qu’un article, sans qu’une annonce, sans qu’un lancement, de la part de société de production, de diffuseurs ou de journaux et autres magazines vienne égayer la journée.

Centre névralgique pour suivre en temps réel l’actualité du transmédia, Twitter. C’est là que se trouvent les principaux acteurs du transmédia qui conversent entre eux et entre autres de l’actualité de leur secteur. J’y ai d’ailleurs créé une liste de diffusion les regroupant pour les quelques personnes qui pourraient être intéressés, qui voudraient les follower sans avoir à trop les chercher… Pour l’instant, ils sont 50 mais leur nombre risque fort d’aller croissant…

Reprenons donc le fil de l’actualité du secteur.

Ce soir, TF1 diffuse Clem. Produit par Merlin, c’est l’histoire d’une ado de 16 ans qui est enceinte et qui s’appelle Juno Clem autour de laquelle toute une stratégie transmédia a été développée et qui est très bien résumée par (encore) un (très bon) article sur le blog du transmédialab d’Orange. A suivre ce soir donc… Espérons que TF1 communiquera sur les audiences à la fois TV et web et sur la circulation entre les différents médias…

Il y a quelques jours, France Télévisions lançait sa première collection de web-documentaires joliment intitulée “Portraits d’un nouveau monde”. Pour l’instant, les quatre premiers documentaires de cette collection qui en comptera au final 24 ont été lancés. il y est question de la Chine et on en reparlera bientôt sur le blog. Seul regret (il est toutefois de taille), je me demande pourquoi France télévisions a confié l’ensemble de sa collection a une seule société de production contrairement à ce qui peut se faire sur d’autres collections comme Empreintes. Besoin de volumes pour assurer un modèle économique viable ? Manque de producteurs ? Autre ? Dans tous les cas, cela ne favorise pas l’émergence d’un tissu de nouvelles sociétés de production spécialisées dans le web et le transmédia pas plus que cela n’incite les sociétés de production traditionnelles à se réinventer et à penser la production de demain.

Au moment où je publie ce post, Arte doit être en train de mettre en ligne sa plateforme de webdoc. Quelques infos ont filtré, le visuel a été montré, un grand jeu a eu lieu sur Twitter pour savoir qui des plus geeks arriveraient à accéder à la version test du site. #lol. Voilà en tout cas une initiative qui va institutionnaliser un peu plus le webdocumentaire, lui donner une place à part, affirmer et renforcer son existence au côté des genres plus traditionnelles. Nul doute que l’on reparlera ici de ce site car Arte multiplie les annonces et les projets en la matière. Le webdocumentaire, Afrique 50 ans d’indépendance est déjà en ligne (à regarder parallèlement à la Ferme Célébrités pour créer un contraste sympathique). Ce sera ensuite au tour de Havana/Miami réalisé sur le format de Gaza/Sderot de prendre le relais. Enfin, pour avril, le très très attendu Prison Valley produit par les équipes d’Upian dont le très très long teasing fait très très envie

Vous croyiez avoir eu le temps de tout voir… Et bien non, car Canal+ entre à son tour dans la danse et lance Le Challenge, un web-documentaire dont vous êtes le héros produit par Honky Tonk sur le modèle du multi-primé Voyage au bout du charbon et de L’obésité est-elle une fatalité ? dont je parlais déjà ici. Cette fois ci, direction l’Amazonie et la lutte d’un groupe de paysans indiens contre la société Texaco, j’en reparlerai également ici très bientôt !

En tout cas, le web-documentaire fait parler, Le Monde (qui acceuille et coproduit également des web-documentaires) lui consacre un article parmi les plus envoyés du site… On parlera également transmedia grâce thinktransmédia, un cycle sur le transmédia organisé par think digital, le think tank de cap digital.

Une petite réflexion pour terminer. Récemment, j’assistais à une conférence organisée par Le Pôle qui avait lieu au Stade de France. Son thème était la Télévision Connectée. Autour de la table, des ingénieurs de Sony mais également Pascal Rogard ou Simone Harari expliquaient que d’ici à 2012, 40% des foyers seraient équipés de télévisions connectées à Internet. Celles-ci devraient permettre de commander des pizzas en regardant la télévision mais également sans doute de lire les documentaires qui se développent aujourd’hui sur le web. La fin des web-documentaires ? la fin des documentaires traditionnels ? L’avènement des documentaires connectés ? L’avenir nous le dira mais les web-documentaires d’aujourd’hui risqueraient fort bien de retourner sur l’écran de télévision… Convergence Culture…

Les 4 Ecrans, festival de la transition ?

22 novembre 2009 Laisser un commentaire

Hier s’achevait le 3ème Festival Européen des 4 Ecrans et pour la troisième fois, je trouve que celui-ci ne remplit pas tout à fait sa mission.

Soyons clair, je trouve cette initiative formidable et utile. Chaque année, c’est une fenêtre ouverte sur la création multimédia comme il en existe peu et toujours l’occasion de découvrir ce qui se fait d’intéressant ailleurs. Encore une fois, mon intérêt pour les web-films a été satisfait. La sélection montre à la fois que le web permet de créer des formes audiovisuelles innovantes et d’inventer (certes sous la contrainte !) des modèles économiques originaux. Côté innovation narrative, le web permet des choses plus pointues, un peu inimaginable à la télévision comme la confrontation entre le personnage shakespearien Rosalinde et le commun des mortels autour de l’amour. Il permet également un ton beaucoup plus libre qu’à la télévision, allez regarder un épisode Living with the Infidels, web-serie britannique déjantée sur la vie de kamikazes amateurs, pour vous en convaincre. Il permet enfin la participation de l’internaute à des degrés divers. Côté modèles économiques, il est réjouissant de voir cohabiter dans la même selction une web-fiction grecque financée par un chocolatier, Love at first site, et un web-documentaire co-financé par une école et une chaîne publique finlandaise, One Thousand stories.

Le festival des 4 Ecrans est également un lieu de débat et de réflexion intéressant. Preuve de cet intérêt et de la pertinence de la réflexion engagée, des conférences et ateliers pleins à craquer plusieurs semaines à l’avance. A noter également la moyenne d’âge plutôt jeune du public des conférences. Au delà d’un effet d’optique créé par les partenariats entre le festival et différentes écoles, il montre l’intérêt des jeunes générations pour la création sur les nouveaux écrans qui correspond largement à leurs usages.

Pour autant, j’ai l’impression persistante que le festival des 4 Ecrans ne remplit pas totalement sa mission. Son ambition est claire, “récompenser l’un des films des compétitions longs-métrages et web-films pour sa meilleure combinaison multi-écrans”. Or, on a très peu l’impression que les oeuvres proposées dans les différentes sélections intègrent une telle démarche. Si tel était le cas, les sélections perdraient de leur intérêt. Pourquoi créer une sélection dédiée au mobile si in fine, le but est de récompenser des programmes créés pour l’ensemble des médias ? Créer de telles catégories ne revient-il pas à institutionnaliser la séparation entre les écrans plutôt qu’à mettre en avant une complémentarité possible et nécessaire? La critique est évidemment facile car pour l’instant très peu de programmes sont produits pour l’ensemble des écrans. Mais bon, je ne peux pas m’empêcher de penser que la complémentarité entre les écrans pourrait être présentée autrement, avec plus de pertinence.

Les 4 Ecrans sont finalement à l’image de l’audiovisuel, en période de transition…

>>Pour les curieux, le palmarès du festival.

Plus fort que Secret Story, Valemont University…

Cliquez sur limage pour accéder au site de la Valemont U

Cliquez sur l'image pour accéder au site de la Valemont U

ValemontU pour University est une vieille université américaine. Sa fondation remonte à 1646. C’est une université d’excellence réservée aux riches, aux puissants, à l’élite. Son grand âge ne l’empêche pas d’être à la pointe de la technologie. Elle dispose d’un site Internet, d’un fil Twitter où l’on apprend que des livres ont été dégradés la nuit dernière dans sa bibliothèque et bien sûr, d’une page Facebook . Bref, la base pour toute institution qui se respecte.

Vous voulez y entrer ? Rien de plus simple, il est possible de s’inscrire sur le site Internet pour intégrer la nouvelle promo de cette prestigieuse université pas tout à fait comme les autres. Pas tout à fait comme les autres ? ValemontU cache en effet un secret. Elle n’est pas vraiment une université et ses étudiants ne passent pas leurs journées à réviser leurs cours ou rédiger un mémoire.

ValemontU est diffusée sur MTV depuis le 29 septembre et est une série d’un nouveau genre. Une série transmedia où fiction et réalité se mêlent.

L’expérience a commencé sur le web il y a quelques temps sous forme d’ARG (Alternate Reality Game). Pour reprendre la définition de Wikipedia, un ARG est “une rencontre entre une chasse au trésor en grandeur nature sous la forme d’un jeu de piste, impliquant le déroulement interactif d’une histoire, l’utilisation de nouvelles technologies et une communauté d’utilisateurs/joueurs en-ligne”.

Tout a commencé sur Internet par l’annonce d’une simple absence d’étudiant commentée sur Twitter. L’enquête progressant, l’absence s’est transformée en meurtre et la recherche du corps est devenue une priorité. Pour mener à bien cette quête, les internautes ont été mis à contribution et devaient rapporter aux enquêteurs tous les indices découverts en ligne. Et c’est avec la découverte et l’identification du corps par la soeur de la victime que commence la série télé de 12 épisodes dont la diffusion a débuté sur MTV.

A la fin de ces 12 épisodes qui se termineront sur un cliffhanger insoutenable, la série cessera d’exister sur l’écran de télévision pour revenir sur le net pendant 6 semaines à raison de 2 webisodes par semaine. Les “étudiants” inscrits rentreront à la Valemont University dans la même situation que la soeur de la victime et partiront en quête du secret caché derrière ce mystérieux meurtre…

En ferez vous partie ?

PS : La série a été pour partie créée par Christian Taylor, producteurs de nombreux épisodes de Lost et de Six Feet Under, oui, oui, oui…

Anna Wintour, le diable est transmédia

18 septembre 2009 1 commentaire

Certains projets sont pensés par des producteurs, des auteurs pour le cinéma, la télévision, Internet, les écrans mobiles, les consoles de jeux vidéos. Certaines personnes n’ont pas besoin de ça. Leur position, leur carrière, leur réputation font d’eux leurs propres producteurs.

Anna Wintour fait partie de ces rares personnes. Elle s’est fait connaître dans l’édition en dirigeant discrètement d’abord le magazine Vogue. Puis un jour, Lauren Weisberger a écrit un livre Le Diable s’habille en Prada qui a propulsé Anna Wintour sur le devant de la scène médiatique. Il l’a aussi établie comme véritable personnage de fiction. Le phénomène s’amplifia très vite et la sortie du film adapté du livre où Anna était incarnée par Meryl Streep acheva de forger le mythe. Anna Wintour était devenue une star, traquée par les journalistes et les paparrazzis. Sur le net, elle fait le buzz : la photo la plus anodine, la moindre de ses actions est décryptée par les blogueurs qui cherchent à faire la part du vrai et du faux. Elle a ses admirateurs et ses détracteurs (www.voguesucks.com). Comble de la célébrité, elle est même parodiée par la nouvelle starlette Lady Gaga

Personne réelle, personnage de fiction, le documentaire intitulé The September Issue de R. J. Cutler qui sort ces jours-ci ne permet en rien de trancher. Le documentaire lorgne d’ailleurs dangereusement sur le docu-fiction. Scénarisé, on a l’impression de revoir certaines scènes du film. Anna Wintour, toujours cachée derrière ses lunettes semble interpréter mot pour mot le personnage du Diable. Le passé du réalisateur, créateur d’une des télé-réalités US les plus originales Greatest American Dog n’y est sans doute pas pour rien.

Depuis la sortie du documentaire, les discussions reprennent de plus belle, histoire de renforcer le mythe, de continuer à provoquer les discussions… endiablées…

Allez voir le film !

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