Archive

Articles Tagués ‘Simone Harari’

Digest : La Télé Déchaînée

24 octobre 2009 1 commentaire

J’en parlais il y a quelques temps sur ce même blog, le livre de Simone Harari, La Télé Déchaînée. J’ai depuis eu le temps de le lire et comme d’autres ici ou et je ne regrette pas de l’avoir fait. Je recommande d’ailleurs à toutes les personnes intéressées par la télévision de faire de même. Vous n’y trouverez pas de potins, de news people, de règlements de compte ici ou là. Rien de ça. Ici place à la réflexion, à la transmission d’une expérience et l’exposition de perspectives. Je ne vais pas ici en faire un compte rendu détaillé, juste évoquer quelques idées que j’ai trouvé intéressantes.

Plusieurs choses font de ce livre un ouvrage utile.

Tout d’abord, il répète à de nombreuses reprises une idée dont on se demande comment elle ne peut être partagée par tous et particulièrement les politiques. La télévision est la première pratique culturelle des français. En ce sens, il est important de s’y intéresser et de comprendre que les représentations qu’elle véhicule sont éminemment politiques. L’exemple flagrant venant illustrer cet argument concerne les héros des séries télévisées. Comment ne pas voir que nos séries qui mettent en scène la plupart du temps des héros fonctionnaires exemplaires disent quelque chose de la société française ? Elle s’interroge également sur les conséquences qu’une multiplication des écrans et une fragmentation des audiences pourrait avoir sur la communauté et le sentiment d’appartenance national. Au lieu de s’intéresser à la télévision, les politiques et les chercheurs, en dehors de l’information, la dédaignent.

On y trouve également des développements très intéressants sur la publicité et la redevance à l’encontre des idées habituellement mises en avant. Elle plaide à la fois pour une augmentation de la redevance dans le financement de l’audiovisuel public et pour une augmentation de la publicité sur les chaînes commerciales et démontre en faisant des comparaisons internationales avec la Grande Bretagne et l’Allemagne que les mécanismes mis en place en France cherchant à ménager la chèvre et le chou ont finalement été néfastes pour tout le monde et expliquent en partie que l’audiovisuel français soit globalement sous financé.

Simone Harari, souvent présentée comme dirigeante potentielle de France Télévisions, a également beaucoup d’idées pour le service public. Elle esquisse plusieurs scénarii sur ce que pourrait être le service public demain. Elle évoque notamment la possibilité d’un service public virtuel qui serait centré sur les programmes et non plus articulé autour de chaînes. Les chaînes de service public auraient disparues et des programmes estampillés service public seraient diffusés sur l’ensemble des chaînes commerciales afin de toucher tous les publics. Elle évoque également la piste d’un service public pur et dur qui ferait la part belle à la culture cultivée pour vite faire remarquer qu”un service public totalement coupé de l’audience et de l’audimat sortirait à terme de sa vocation de proposer de programmes à l’ensemble des publics.

On trouve également un passage du livre très intéressant portant sur la télé réalité. Elle déclare haut et fort qu’elle regrette que France télévisions ait choisi de bannir la télé-réalité de ses antennes. Comment ne pas être d’accord ? Il n’existe pas une seule forme de télé-réalité. La télé-réalité d’enfermement où la passivité et l’exploitation de la misère intellectuelle domine n’est qu’un avatar du genre. Il est possible d’utiliser cette écriture qui séduit de nombreux publics pour les amener à la découverte de nouveautés…

Enfin, il faut retenir la tonalité générale du livre. Une bonne télévision est une télévision qui faire la part belle aux programmes et qui s’intéresse au public, à tous les publics. Qui ne se contente pas de diffuser un programme mais qui en évalue la satisfaction. On retiendra aussi la belle distinction faite à la fin de l’ouvrage entre le loisir, la culture et l’art dont l’agrégation forme la télévision…Loisir, culture, art, une façon de tourner la page du vieux slogan de l’ORTF : divertir, informer, distraire…

Simone Harari : “Un service public virtuel”

24 septembre 2009 2 commentaires

Dans le cadre de la promotion de son ouvrage La Télé déchaînée, la productrice de Tout le Monde veut prendre sa place, Simone Harari, était l’invitée du buzz média Le Figaro-Orange.

Si son combat pour l’augmentation progressive et la mensualisation du paiement de celle-ci est évoqué par le journaliste, celui-ci va plus loin et l’interroge sur une autre idée développée dans son livre : celle de la création d’un service public virtuel. De quoi s’agit-il ? D’un service public qui ne serait plus incarné par des chaînes comme aujourd’hui avec France Télévisions mais par des programmes qui seraient diffusés sur toutes les chaînes.

Les avantages sont nombreux, une telle conception du service public mettrait fin à une certaine forme de bureaucratisation de la télévision publique tout en organisant un accès à des programmes de service public pour tous. Des questions existent : tous les programmes diffusés par France télévisions méritent t-ils l’étiquette “service public” ? Qui se chargerait de la coordination d’un tel service public virtuel ? Via leurs obligations de production, toutes les chaînes ne sont-elles pas déjà contraintes d’une façon ou d’une autre à diffuser des programmes qui pourraient recevoir l’étiquette de “service public” ?

Autant de questions dont les réponses sont peut être déjà contenues dans l’ouvrage de Simone Harari qu’il faut lire et dont il sera bientôt de nouveau question ici !

Pour retrouver l’interview du Figaro : http://www.lefigaro.fr/medias/2009/09/23/04002-20090923ARTFIG00523-la-presidence-de-france-televisions-m-interesse-.php

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.