Christophe Honoré, un problème d’héritage ?

affiche de "Non ma Fille tu n'iras pas danser"
Ce soir, je suis allé voir le dernier film de Christophe Honoré, Non ma fille, tu n’iras pas danser. Le film suivant un rythme calme, on a le temps d’y réfléchir pendant la séance, de s’attarder sur des détails, de penser à des conversations que l’on a eu avec des amis la veille. Justement, E. me parlait hier des images qui renvoient sans cesse à d’autres images. Cette petite conversation m’est revenue en tête pendant la séance et j’ai commencé à penser aux autres films de Christophe Honoré en me disant, car je ne suis pas un original, que les films d’Honoré se comprennent les uns par rapport aux autres.
Christophe Honoré a un problème avec l’héritage. On lui en parle tout le temps. Quand on tape “Christophe Honoré héritage” sur Google, il y a 19 100 entrées. Il est l’héritier du cinéma d’auteur, de la nouvelle vague, de la critique, tout cela est bien connu. Il fait aussi tourner bon nombre d’héritiers du cinéma français. Quand Louis Garrel ne donne pas la réplique à Chiara Mastroianni, il la donne à Léa Seydoux. Pour que le tableau soit parfait, le thème de l’héritage est souvent au coeur de ses films comme dans Ma Mère ou Non Ma Fille.
Peut -on dépasser, s’affranchir d’un héritage ? N’est on pas sans cesse renvoyé à ses photos d’enfance, à ses travaux passés, à son statut dans la société ? “Vivez Libres” lance l’affiche de Non ma fille. Pas si simple on dirait. Et comment faire ? En attendant de trouver une solution, je me réfugie dans une certitude énoncée dans le film : “dans la vraie vie, personne n’aime les endives braisées.”