Archive

Articles Tagués ‘Frédéric Martel’

L.E.L.O.U.C.H is L.O.V.E

23 septembre 2010 1 commentaire

1h09, vous allez dormir et là, vous allumez Radio Classique et en lieu et place des génies fréquentant habituellement les ondes de cette station (Jean-Sebastian, Wolfgang, Franz, Ludwig et les autres) se trouve ce soir, Claude, un autre génie. Alors du coup, je décide de reprendre ce blog. Car oui, Claude est un génie.

Claude Chabrol est mort, adulé de son vivant, il est célébré à sa mort, business as usual. Quand Claude Lelouch (car c’est de lui qu’il s’agit) mourra, on découvrira enfin qu’il est sans doute le plus grand cinéaste français et les haters comme Isabelle Régnier du Monde devront admettre leur défaite.

Anyway, Haters gonna hate… Lors de la sortie du premier film de Claude Lelouch, les critiques des Cahiers du Cinéma avaient écrit “Claude Lelouch, retenez bien ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler”. Quelques années, plus tard, Claude Lelouch remportait la distinction suprême pour un cinéaste : la Palme d’or du festival de Cannes. Voilà qui calme son critique des Cahiers.

Car oui, Claude Lelouch est le plus grand cinéaste français. Un film de Claude Lelouch ne ressemble à aucun autre film si ce n’est à un autre film de Claude Lelouch. On reproche d’ailleurs souvent à Claude Lelouch de faire toujours le même film, le même mauvais film, disent les méchants. Pour leur répondre, je ne citerai que cette phrase de Serge Daney relevée dans l’ouvrage de Frédéric Martel : “Les mauvais cinéastes, c’est triste pour eux, n’ont pas d’idées. Les bons cinéastes, c’est leur limite, en ont plutôt trop. Les grands cinéastes, surtout les inventeurs, n’en ont qu’une”. Donc voilà, Claude Lelouch a une idée, n’a qu’une idée, filmer l’amour sous toutes ses formes, variation sur le même thème, sur le même t’aime et c’est ça qui le place au dessus des autres. Les autres ? Trop poseurs, trop intellos, trop bobos, trop second degré, Christophe Honoré je t’aime bien mais je parle de toi.

Claude Lelouch, c’est un cinéaste qui n’a peur de rien. Surtout, il n’a pas peur du ridicule et mieux vaut ne pas en avoir peur quand on cherche à filmer l’amour car l’amour est souvent ridicule… C’est comme ça… Quoi de plus bête, quoi de plus beau qu’un couple d’amoureux ?

Alors pour les amoureux et pour ceux qui aimeraient l’être, voici 10 bonnes raisons pour aller voir Ces Amours là, le dernier chef d’oeuvre de Claude Lelouch actuellement en salle :

-Parce que vous n’avez jamais vu et vous ne verrez jamais plus une scène de course filmée dans le far-west américain comme ça.
-Parce que Raphaël
-Parce que Paris/New York/la Normandie/Le Far West/l’Allemagne dans un même film
-Parce que raconter si bien une histoire longue d’un siècle en une heure et demi, ça force l’admiration
-Pour les répliques qui tuent lancées avec le regard qui tue
-Parce que le jazz, la chanson, le piano, l’harmonica-accordéon, la musique de Francis Lai
-Pour les scènes d’action coupées au jazz ou à la musique classique
-Parce que l’amour, la trahison, la jalousie, l’injustice, la rédemption
-Parce que c’est un condensé de Lelouch (enfin il paraît, c’est ce que dit Télérama)
-Parce que parce que parce que parce que…






Mainstream, un livre qui vous tient au courant du principal

Mainstream est un essai à succès sur le succès. Frederic Martel est lui même un intellectuel à succès. Érudit, drôle, connecté (vous pouvez suivre @martelf sur twitter) voire branché , il anime Masse Critique, l’intéressante émission média de France Culture et circule au sein de nombreux réseaux intellectuels et médiatiques.

Nonobstant son contenu, Mainstream faisait donc d’avance partie, (par son tirage, par son auteur, par la ramdam médiatique qui a accompagné sa sortie) des quelques grands essais publiés cette année autour des médias au côté des ouvrages de Simone Harari ou encore Emmanuel Hoog.

C’est donc avec gourmandise que je m’attaquais à sa lecture. Et je n’ai pas été déçu ! Le livre qui fourmille d’ anecdotes, de chiffres, d’interviews de première main tient ses promesses . On découvre les grandes forces à l’œuvre dans le paysage audiovisuel mondial actuel. J’ai particulièrement apprécié la première partie consacrée aux Etats-Unis. Elle est fouillée et riche de la longue expérience américaine de son auteur déjà mise à profit dans un précédent ouvrage. Le reste du livre est une intéressante introduction aux problématiques des industries créatives des autres puissances culturelles mondiales comme l’Inde, la Chine, le Nigéria qui restent souvent méconnues.

Il n’est pas donné a tout le monde de vulgariser avec talent. Frédéric Martel y parvient avec brio mais a tout de même une petite tendance à faire passer des torchons pour des serviettes et des informations accessibles au commun des mortels pour de fracassantes révélations. Je parlerai ici du chapitre sur Bollywood. Quiconque a passé un peu de temps à Bollywood, c est mon cas, n’apprendra strictement rien et j’imagine qu’il en va de même pour les personnes ayant travaillé dans l’audiovisuel dans les autres régions évoquées par Frédéric Martel. Pour les autres, sachez que vous apprendrez un million de choses ! Juste un truc, ne vous laissez pas duper par le ton !

Le ton justement ! Afin de rendre digeste un flot d’ informations considérable, Frederic Martel a décidé de raconter son travail d’intellectuel sur un ton à la croisée du roman d’ aventure et de l’émission Capital. Pas un chapitre qui ne commence sans la description du lieu (généralement des palaces) où se trouve Frederic. En véritable war-reporter embedded de la culture, il passe de Los Angeles à Tokyo, de Mumbai à Tel-Aviv en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Tel James Bond, Frederic aime le glamour et le risque. Un jour dans un palace, le suivant au Liban dans les bureaux de hezbollah. Tel un agent secret, Frederic est tout le temps en mission realisant ses interviews dans des avions ou des TGV a toute heure du jour et de la nuit. Ce ton est dans un premier temps plaisant, puis amusant et enfin un peu agacant ! Un peu plus problématique, la place prise par ces descriptions prend parfois le pas sur le propos et le noie dans l’anecdote. Savoir où et dans quelles conditions se déroulent les interviews est intéressant, cela permet de constater a quel point l’audiovisuel est un secteur économique mondialisé mais cela perd de son intérêt quand on le raconte a plusieurs dizaines de reprises. Connaître le parcours des personnes interrogées éclaire sans doute leur propos. Encore faut-il qu’ils aient quelque chose de réellement intéressant à dire ce qui est le plus souvent le cas mais pas toujours…

Au delà du ton disons discutable, on regrettera que le livre fasse tant l’impasse sur l’Europe (même si cela est assumé) en la réduisant a quelques dissertations de type scpo (ex : les attentes européennes de la Turquie, entre américanisation et islamisation) . On regrettera aussi que le livre parle si peu des jeux tv pourtant au coeur de la mondialisation des contenu audiovisuels et du mainstream.

Au terme de ce post, je me dis que cela fait beaucoup de critiques pour un livre que j’ai pris plaisir à lire ! Au fond, Frédéric m’énerve parce que je l’envie ! Moi aussi, j’aimerais faire le tour du monde et rencontrer tous ces gens… Je m’entraîne pour y arriver un jour et devenir à mon tour Frédéric Martel. En voici la preuve par l’exemple et par le pastiche : “J’ai acheté Mainstream au Virgin Megastore des Champs Elysées, j’ai commencé sa lecture dans l’Eurostar pour Londres où j’allais visiter la London Film Academy et le bâtiment des BAFTA. Quelques jours plus tard, j’ai traduit le chapitre sur Bollywood à Amitabh Bachchan dans sa suite au George V. J’ai terminé sa lecture dans un café de Berlin et rédigé ce post dans un embouteillage sur un Ipad ne m’appartenant pas”

Lisez Mainstream, c’est vachement mieux !

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.