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Du sens des mots et des vagues… (et de la vie…)

Perdre le sens des mots, c’est perdre sa liberté écrivait Orwell.  En italien, scénario ne signifie pas scénario mais décor. Scénario se dit Sceneggiatura. Quant à la poliorcétique, c’est l’art d’assiéger une ville. La vexillologie est la science des drapeaux, nous apprend Michel Pastoureau dans son ouvrage « Les couleurs de nos souvenirs ». Il ajoute d’ailleurs que celle ci est bien mal étudiée… Fukushima signifie l’île du bonheur révèle Daniel de Roulet dans son petit opus « Tu n’as rien vu à Fukushima », une information d’une cruelle ironie que je n’avais lu dans aucun journal.

Biophilia, c’est le titre du nouvel album-concept-techno-écolo de Bjork revenue parmi les vivants après une maladie en forme de tragédie (qui faillit la priver de sa voix) mais au nom trop innocent pour être inoffensif : le Candida. Biophilia signifie « L’amour de la vie » comme le souligne les Inrocks. Un journaliste des Inrocks attaché au sens des mots, voilà qui est assez rare pour être mentionné…

La vie, l’amour de la vie, c’est le thème central de l’intégralité de l’œuvre de Michel Henry, philosophe majeur du XXème siècle dont l’œuvre oscille entre « violence d’une parole prophétique et pure folie ». Les trois romans de Michel Henry : le précoce et kafkaïen « Jeune Officier », l’ample et superbe « Amour les yeux fermés » pour lequel il reçut le prix Renaudot en 1976 et l’ultime  « fils du Roi » ont été réédités  et compilés dans un seul et même volume que toute bibliothèque digne de ce nom se devrait de posséder.

Toute sa vie, avec toute la rigueur et l’aridité du style philosophique qui caractérise la majorité de son œuvre, « tâtonnant dans la nuit intérieure de sa subjectivité concrète », Michel Henry a tenté de donner un sens au mot « vie », ce qui est plus vaste que nous même tout en étant nous même. Il y est sans doute arrivé mieux que quiconque. Et il est vraiment beau, au détour d’une quatrième de couverture d’un de ses livres trouvé par hasard en flânant dans une librairie, de tomber sur cette phrase : « Les êtres humains sont des nageurs lâchés dans un océan et supportés par lui, par ses vagues. Et c’est cela la vie, c’est une vague qui se sent elle-même. »

La vie a un sens, elle en a même plusieurs.

  1. R Vaschalde
    18 septembre 2011 à 14:04 | #1

    “Le fils du roi” n’est pas l’ultime roman. Il y aura encore “Le cadavre indiscret”, Albin Michel, 1995

    Bien cordialement!

    • 19 septembre 2011 à 10:56 | #2

      Vous avez tout à fait raison. Mes excuses pour cette erreur. Comment conniassez vous Michel Henry ?

  2. 20 septembre 2011 à 07:10 | #3

    J’aime beaucoup Bjork, je ne savais pas qu’elle avait failli perdre sa voix… Quant à vos pensées diverses et variables, elles sont très agréables à parcourir !

  3. marmaille
    22 septembre 2011 à 10:33 | #4

    Pensées variables, ta question “comment connaissez-vous Michel Henry ?” me laisse songeuse, as-tu derrière la tête l’espoir que l’on te réponde “Brest sous la pluie….” ?

  1. Pas encore de rétrolien.

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