Une guerre juste…

C’est un petit film miraculeux que “La guerre est declarée” : miraculeux comme la rémission d’une maladie presque incurable, miraculeux comme un film aussi réussi qu’inattendu.
Roméo et Juliette sont trentenaires et jeunes parents. Ils ont des problèmes de gens qui n’ont pas de problèmes : un enfant qui pleure et vomit, la tapisserie à refaire, un job loin de Paris jusqu’au jour où ils apprennent qu’Adam, leur enfant, est atteint d’une tumeur au cerveau. Commence alors un parcours du combattant fait d’opérations, d’hôpitaux, de traitements et surtout d’espoirs mâtinés de doutes toujours plus envahissants.
Ce qui rend ce film miraculeux, c’est qu’il montre, comme rarement au cinéma, ces instants où la vie s’accélère alors que le temps semble suspendu, ces moments de carambolages intracrâniens où “votre enfant a une tumeur au cerveau”. Miraculeux aussi, la vitesse à laquelle on est capable de tisser et de déployer une toile de solidarité et d’amitié invisible et essentielle autour de soi. Il montre aussi l’intrusion du vocabulaire médical implacable, incompréhensible et incroyable : “l’opération va durer 9 heures, c’est une duée banale pour ce type d intervention”. Le tout dans un maelström de musiques aussi contradictoires et variées que les sentiments qui habitent les personnages.
Enfin, et par dessus tout, Roméo et Juliette montrent qu’il existe une guerre juste et belle, celle opposant la vie fragile à la mort certaine.